Traces urbaines - 1987- 1994

Luc Ewen - traces urbaines   Luc Ewen - traces urbaines
ARLES - WALFERDANGE
 
BLANKENBERGHE - LYON

Parce que de voyage il est question dans les "tracés urbaines", un double voyage, de ville en ville, d'écriture en écriture. Luc Ewen part par exemple à Arles, "prend" un photo et en développe le négatif. C'est alors que commence le véritable travail. Le négatif repart dans une autre ville, mettons Cologne, y est collé par terre, sur un rail, dans un escalier ou dans une rue, et attend.

D'autres traces, par hasard viennent s'y inscrire les pas des passants, les roues de voitures, des traces de toutes sortes, anonymes, involontaires. Deux hasards se croisent, l'œuvre d'art se fait. Fruit de l'artiste et d'une foule d'inconnu(e)s.

 

La liaison est établie. Il ne reste plus qu'à tirer le positif ... si toutefois le négatif n'a pas disparu entièrement, emporté par le vent, empoché par un curieux, sans trace, ce qui arrive souvent.

L'idée, elle, n'est cependant pas venue par hasard. C'est plutôt l'aboutissement d'une évolution qui a amené Luc Ewen de la simple prise d'image à la création de l'œuvre.
Jean Portante


Luc Ewen - traces urbaines   Luc Ewen - traces urbaines
ATHENES - BRUXELLES
 
DIEKIRCH - ARLES
Luc Ewen - traces urbaines
  Luc Ewen - traces urbaines
ROUEN - COLOGNE
ARLES - LUXEMBOURG
Luc Ewen - traces urbaines
Luc Ewen - traces urbaines
ARLES - COLOGNE
ARLES - LUXEMBOURG
Luc Ewen - traces urbaines
Luc Ewen - traces urbaines
ATHENES - LYON
ATHENES - BUDAPEST
Luc Ewen - traces urbaines
Luc Ewen - traces urbaines
ATHENES - COLOGNE
ATHENES - PRAGUE
Luc Ewen - traces urbaines
Luc Ewen - traces urbaines
BLANKENBERGHE - ATHENES   BLANKENBERGHE - DUDELANGE

Traces verticales sur traces urbaines

Les lignes retracent les chemins de la vie. Ce qui est urbain est en quelque sorte planifié et pourtant (déjà) ressemble à la nature. Quelle nature ? Celle inventée par l'homme, celle du regard et celle de la photographie. L' univers sinistré crée par Luc Ewen est un espace ascendant avec sa perspective vers le haut. Brusquement se dresse devant nous un asphalte craquelé, fissuré par un tremble­ment de terre imaginaire. Lelong des murs nous marchons vers le ciel bien qu'en apparence nous avancions tout droit. L'ombre du sol se réflète dans le ciel et l'ombre du poteau se mire dans le bitume.

Les espaces convergent, d'en haut, d'en bas et de partout. Lors de cette traversée diagonale de l'espace, nous sentons la vitesse avec la­quelle l'équipée citadine se rue vers les lieux indéfinis. L'image photographique de Luc Ewen contient plusieurs " instantanés " qui à eux seuls constituent un scénario. Le spectateur a l'impression que la bobine tourne, que les personnages marchent, que les murs s'envolent. On re vient à l'époque du film muet, avec la seule différence qu'ici les images sont superposées alors que dans le film muet elles se succèdent. Toute l'image vient vers nous, tombe comme un météore sur nous, répandant un mélange de grêle d'acier et de flocons de neige. La "matière propre" de la photographie est intérrogée.

 

Deviennent visibles ici sa trace et son histoire: traces du regard qui laisse entrevoir un regard mutilé. La photographie semble déjà appartenir à la NATURE et c'est en cela que consiste son grand art. La substance photographique restera pour nous toujours un mystère, même si nous en exposons le mécanisme et même si nous commençons déjà à écrire son histoire. Cet aspect mystérieux de la photo qui apparaît travaillé chez Luc Ewen, est exprimé par cette force tenace qui caractérise tout art teinté d' "animisme".

Michèle Prange

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