L'Homme de Blar- 1995/99 et 2001
installation réalisée avec le photographe Jean-Luc Koenig

 

Essai de reconstitution d'une vie d'anthropologue

Luc Ewen - homme de Blar

Tout au long de l'année 1928, l'anthropologue lyonnais Jean-Pierre Duchafly parcourut la région des Hautes Plaines de l'Ecosse, obsédé par l'idée d'y trouver quelque chose d'incroyable, d'inédit, à la limite de l'impossible, en portant son intérêt principal sur la région de Blar.

En quête depuis plus de sept ans de quelque chose de tout à fait exceptionnel, qui confine à l'invraisemblable, il espérait en effet y buter sur les vestiges d'un type de paléanthropien ayant vécu aux alentours de l'âge de la pierre, espèce dont l'existence, selon lui, s'intercalerait entre l'homme de Neandertal et les représentants de celui que l'on s'évertue à qualifier de sapiens.

Quelques-uns des contemporains de Duchally qui avaient eu l'occasion de lui parler et de vérifier la véracité de ses assertions avancées à l'issue de son long périple, confirmèrent le sérieux de ses théories et travaux sur l'homme de Blar et s'accordèrent à dire que ses conclusions, bien qu'étant inédites pour ne pas dire iconoclastes, risquaient fort d'ébranler le concept évolutionniste darwiniste traditionnel; elles sublimeraient en effet une hypothèse de travail anodine en soi pour accréditer officiellement l'existence d'une espèce inconnue jusque-là.

De son vivant, le docteur Duchally ne rencontrait ni l'estime, ni l'adhésion de la part de la communauté scientifique tant au Luxembourg qu'à l'étranger pour le bien-fondé de ses travaux anthropologiques, dérangeants diront d'aucuns comme se heurtant aux connaissances, conclusions et acquis communément admis,

Tombé en discrédit, pris en pitié et persiflé à tour de rôle, Duchally mourut le 28 janvier 1979 à l'âge de 92 ans sur l'île de Mull, située à l'ouest de la côte écossaise.

Le docteur Duchally lègue à ses descendants au même titre qu'à ses détracteurs une mine de travaux et d'études anthropologiques qui, grâce à la diligence du Musée des Hommes et de l'accord exprès de sa famille, ont maintenant pu être rendus accessibles au grand public.

Jean-Luc Koenig et Luc Ewen


Luc Ewen - homme de Blar

Luc Ewen - homme de Blar      

Luc Ewen - homme de Blar

Luc Ewen - homme de Blar

photos: Luc Ewen

"L'homme de Blar"

Luc Ewen et Jean-luc Koenig ont fait une grande découverte. Les images mentent certes, mais elles peuvent aussi raconter. A la Jules Verne par exemple, les exploits fantastiques d'un archéologue farfelu.
Ils ont donc monté une magnifique "arnaque" au sens où celle si, à ce stade d'élaboration, en devient de l'Art. Ils ont mis en scène "L'homme de Blar", dont le squelette trône au milieu de la pièce, créé des outils dignes de ce nom pour cet ancêtre imaginaire. Ils l'ont même pris en photo en pleine action sur une pierre, retrouvé grâce à de méticuleux montages de scènes du site historique et donner vie au professeur, une vie pleine de voyages et de femmes étranges, ce qui n'est pas sans donner du piquant à l'ensemble de cette exposition.
Vingt-mille lieues au-delà du réel... "L'homme de Blar" de L. Ewen et J.-L. Koenig, Galerie Vrais Rêves, avril 2001

Luc Ewen - homme de Blar      Luc Ewen - homme de Blar      Luc Ewen - homme de Blar

photos: Luc Ewen

Luc Ewen - homme de Blar

 

Jean-Luc Koenig - homme de Blar          Jean-Luc Koenig - homme de Blar

photos: J.-L. Koenig

Jean-Luc Koenig - homme de Blar

photos: J.-L. Koenig


Exposition au Musée National d'Histoire Naturelle, Luxembourg 1999

Luc Ewen - homme de Blar   Jean-Luc Koenig - homme de Blar   Luc Ewen - homme de Blar
         
Luc Ewen - homme de Blar    
         
Jean-Luc Koenig - homme de Blar   Luc Ewen - homme de Blar   Jean-Luc Koenig - homme de Blar
         
Luc Ewen - homme de Blar   Luc Ewen - homme de Blar    

 


Exposition à la Galerie Vrais Rêves, Lyon, 2001

 

Luc Ewen - homme de Blar

     
  Luc Ewen - homme de Blar
     


Exposition au Konschthaus Beim Engel, 1995, Luxembourg, capitale européenne de la culture

 

Luc Ewen - homme de Blar


TEXTE ACCOMPAGNANT L'EXPOSITION
Jean Portante - Homme de Blar

Jean Portante:

L'inénarrable Histoire du Docteur Duchally
et de l'Homme de Blar

   
ECHOS DE PRESSE
   

Lyon-hebdo capitale 7 - 13 avril 1999

.Duchally cet inconnu

Ce n'est plus une galerie mais un musée qui semble rendre un vibrant hommage à Jean-Pierre Duchally. Ce distingué anthropologue, on ne sait pourquoi mais ils sont toujours distingués, a pourtant sombré dans les méandres de la folie. Après une découverte capitale qui remet en question l'importance de l'homme de Néanderthal cet homme courageux a donné sa vie à la science. En 1928 dans les hautes plaines de l'Ecosse, il met au jour l'homme de Blar. Les us et coutumes de ce paléanthropien n'auront désormais plus de secret pour le monde. Luc Ewen et Jean-Luc Koenig ont recréé de toutes pièces le parcours de ce hasardeux archéologue lyonnais. Duchally, il existe que dans leur tête et c'est un jeu pour eux de mettre en place cette exposition à la manière d'une sérieuse institution. Tout participe à cette merveilleuse histoire, des lances retrouvées près du site comme les carnets de voyages de Duchally. On est accueilli par le squelette de l'hommede Blar qui repose sur un coussin de sable et de feuilles.Il faut ensuite se pencher sur chaque carton pour apprécier et suivre ce récit digne d'un XIXe siècle délirant. Les photos étaient le support le plus approprié à cette archéologie du rêve. Elles donnent vie à ce mystérieux ancêtre et revisite les objets les plus divers comme la mémoire très vague du découvreur frénétique. Dans la salle du bas, une vidéo accompagne de sa bande son les vestiges de la réalité remise en question. Le bruit de mains grattant le sable est, lui, mis en boîte par l'image. Duchally à force de fouiller a perdu un bras, il a dû continuer à l'aide d'une prothèse que l'on retrouve bien entendu sous une vitrine. Jules Verne n'aurait pas trouvé mieux que ce personnage halluciné dont les femmes ne sont pas très claires pas plus que notre vue du reste ... KR

 

L'express 1. avril 1999

L'homme de Blar

Une histoire à la Mulder et Scully. Une découverte à la limite du possible, jusque-là inaccessible au public. En 1928, parcourant les hautes plaines de l'Ecosse, l'anthropologue luxembourgeois Jean-Pierre Duchally met au jour des ossements et des objets d'un type non répertorié. Cet homme de Blar aurait vécu aux alentours de l'âge de la pierre. Il s'intercalerait entre l'homme de Neandertal et l'Homo sapiens. Son existence, bien que certifiée par le musée de l'Homme, n'ajamais été sou­tenue par la communauté scientifique. D'où le secret de cette hypothèse iconoclaste,en totale contradiction avec le concept évolutionniste traditionnel de Darwin. Dix ans après la mort de l'anthropologue, tour à tour, persiflé ou pris en pitié par ses collègues, son homme de Blar sort enfin de la nuit. Ses vestiges sont exposés, ainsi que les carnets et les photos prises par Duchally. Pas dans un musée, mais dans une galerie de photos d'art. Car la prétendue révolution archéologique a été inventée de toutes pièces par deux artistes luxembourgeois, Luc Ewin et Jean-Luc Koenig. Leur exposition est cependant loin d'être un canular de potache; des outils, des empreintes, des documents scientifiques ont été façonnés pour l'occasion. Sous­titrée « Essai de reconstitution d'une vie d'anthropologue», elle se présente comme une véritable scénographie, intégrant toutes les preuves accréditant la thèse de Duchally. Si tout est faux, il n'en reste pas moins que l'enquête a été menée avec la précision scientifique de rigueur. Un poisson d'avril du troisième type. Mordez à l'hameçon. David S. Tran

 

Lyon Figaro 30 avril 1999

.L'Homme de Blar

Ou quand deux photographes nous font rire jaune en tenant de reconstituer la vie d'un anthropologue

L'Homme de Blar, c'est avant tout l'objet d'une quête effrénée: celle du docteur Duchally. Une ombre furtive qui se dessine au sommet d'un rocher dans l'atmosphère brumeuse des hautes plaines d'Ecosse et qui pourrait bien être un paléanthropien ayant existé entre l'Homme de Néanderthal et l'Homo Sapiens. Une ombre furtive mais juste assez réelle pour être fixée sur quelques-uns des négatifs du célèbre anthropologue lyonnais et pour le convaincre de l'importance de sa découverte.

Contrairement au monde de la science qui refusa obstinément de Iui accorder le moindre crédit, les photographes luxembourgeois Luc Ewen et Jean-Luc Koenig décidèrent, eux, d'approfondir la question et de rassembler tous les éléments qui auraient un rapport avec le voyage de Duchally à Blar, car enfin, pourquoi douter d'un fait aussi révolutionnaire et improbable soit-il dans la mesure où la photographie en prouve l'existence et l'authenticité?

Or, des photos, ils en ont, et elles sont exposées à la galerie Vrais Rêves ainsi que quelques objets trouvés par l'anthropologue. Des portraits du docteur, des paysages de la Haute Ecosse, des détails d'outils utilisés par l'Homme de Blar... toutes présentent un intérêt aussi bien artistique qu'archéologique puisque ce sont deux photographes contemporains de renom qui se sont attelés à leur sélection et à leur mise en perspective".

Une démarche pleine d'humour et d'indulgence

Au fil de l'exposition, ce voyage invraisemblable dans les méandres du temps et de l'espace, on se prend cependant à douter, à perdre de vue la frontière tenue qui sépare la réalité historique de la création artistique, ou la réalité artistique de la création historique. Un cliché suffit-il à établir la découverte d'une créature? La découverte d'une créature suffit-elle à établir l'existence d'un anthropologue?

Une démarche pleine d'humour et d'indulgence puisqu'après tout, elle laisse l'illusion au spectateur qu'il trouve lui-même les réponses et qu'il est encore en possession de toutes ses facultés de jugement. On ressort amusé par cette jolie farce artistique et intellectuelle puis on réalise que c'est à la gentillesse des deux luxembourgeois autant qu'à leur talent que l'on doit ce léger sourire aux lèvres qui a déjà disparu. A sa place maintenant, une grimace d'angoisse à la pensée du nombre incalculable d'hommes de Blar que l'on a et que l'on s'apprête déjà à avaler.

 
Libération 8 avril 1999

Anthropologie virtuelle

Exposition. Jean-Pierre Duchally fut un grand anthropologue. Avant de sombrer dans la folie, il eut le temps de découvrir un site archéologique dans les plaines d'Ecosse. A la galerie Vrais Rêves, l'exposition qui lui est consacrée a donc des allures demusée. Sur le sol, on peut voir la tombe et les ossements du fameux homme Blar reconstitué. Ce «type de paléanthropien» est d'une importance tout à fait capitale dans notre évolution, comme nous l'expliquent les cartons disposés soigneusement autour de chaque objet et photographie. Ces photos un peu vieillies par le temps nous montrent l'homme de Blar, instantané saisissant où on le voit en pleine action vétu de sa peau de bête. Luc Ewen et Jean-Luc Koenig ont poussé très loin leur mise en scène de l'histoire revue et corrigée par eux. Duchally, dont on voit pourtant les écrits, le portrait et sa boîte à cigares, n'a jamais existé. Pas plus bien entendu que l'hommede Blar. Mais à partir d'un métier chargé de mythe, l'archéologie, les deux artistes ont construit une réalité qui possède ses propres preuves: Ils s'en sont donné à cur joie, affublant Duchally de conquêtes féminines équivoques, de l'opiomane à l'hermaphrodite, d'une vie chargée d'amis étranges et d'une correspondance abondante. Les photographies servent de témoignages, elles participent au récit en l'illustrant avec humour. Sous les vitrines, s'accumulent les objets les plus divers ayant appartenu au grand explorateur, l'exposition elle-même devient une immense installation où les armes de l'homme de Blar ressemblent à des sculptures. Le bois s' arme d' acier et de vis aux allures de catalogue Manufrance, le passê télescope le présent sans retenue. Dans la salle du bas une vidéo cachée par de grands casiers produit un son permanent de grattement.

Il faut dire qu'à force de fouiller le sol, ce pauvre Duchally a perdu une main qu'il a dû remplacer par une prothèse. Bien entendu, cette dernière est sous une vitrine à côté de revues des années 30 décrivant la découverte de ce grand anthropologue lyonnais.

HAUVIETTE BETHEMONT Lyon.

 

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